Jour 45. Des voeux
Comme pour le poème dada, ce texte est le fruit d’un jeu proposé par ma copine Clara, créatrice de l’espace de coworking en milieu rural Coworkgreen. Elle a ouvert son atelier d’écriture qui se déroule normalement une fois par mois dans les locaux, à d’autres personnes durant le confinement. On échange des textes selon une thématique, selon notre inspiration. Le dernier jeu est parti d’un très joli geste de ma copine Le Crapaud Charmant, qui a glissé dans l’un des sièges qu’elle était en train de refaire, un petit mot pour le prochain tapissier qui retravaillerait sur ces sièges, dans un avenir plus ou moins lointain. Elle y a écrit un voeux pour l’avenir. Cela m’a inspiré. J’en ai parlé à Clara, qui en a fait un jeu d’écriture, en partenariat avec un EPHAD du sud-Essonne. La consigne était donc d’écrire une lettre à un résident, en formulant dans cette…
Semaine 6. Culpabilité
Normalité et routine Cette sixième semaine de confinement (du 20 au 26 avril 2020) est passée à une allure folle. Vendredi soir, quand nous nous sommes posés pour la pizza maison hebdomadaire, (oui chez nous, lundi ce n’est pas raviolis, mais vendredi c’est pizza maison !) J’ai eu du mal à me dire qu’il nous restait plus que deux semaines avant le déconfinement “officiel” ! C’était la “rentrée” de l’école à la maison. On commence à être sacrément rodés et à part un peu de flottement le lundi matin, dès le mardi, les devoirs de Gaspard étaient terminés à 11h. Et Camille a trouvé également son rythme de croisière, à moins que ce soit les profs qui donnent moins de boulot. Je n’arrive pas bien à identifier ce qui fait que j’ai l’impression qu’elle bosse moins ! En tout cas, à part quelques râleries de Gaspard, tout cela me paraît…
Semaine 5. Le Monde d’Après
Le monde d’après. Cette expression reprise à toutes les sauces en ce moment dans les médias depuis la dernière intervention du président à la télévision reflète bien les inquiétudes des français et la mienne, même si je sais que je ne contrôle pas de quoi demain sera fait… J’ai quelques appréhensions sur la marche du monde et sur son impact dans mon quotidien. Ce qui m’inquiète le plus sur le monde “d’après”, au-delà des questions économiques et environnementales, c’est les mesures barrière, la distance sociale, et le sentiment de danger qui va devenir notre quotidien pour plusieurs mois encore sans doute. Depuis quelques temps, j’ai envie d’écrire sur ce que la distanciation sociale provoque chez moi. Éviter les gens, respecter une certaine distance, et puis la multiplication des masques sur les visages. J’ai beau être introvertie et ne pas spécialement rechercher et apprécier le contact physique rapproché avec les gens…
Semaine 5. Si tout va bien…
Encore en vacances Cette deuxième semaine de vacances confinées a été de nouveau très tranquille. Plutôt douce. Pépère. Des vraies vacances ! Les enfants ont tout de même ressenti plus d’ennui que la première semaine. La journée de samedi et dimanche je les ai souvent entendu dire “mais on s’ennuie”. On a pas toujours respecté la demi-heure de temps calme/lecture. Mais les enfants ont souvent eu du temps dans leur chambre, ou dans le jardin. Par contre, il y a toujours un moment dans la journée (vers 17h30, 18h) ou leur énergie est au climax, là ou moi j’ai au contraire encore plus besoin de calme…. Cela a beau être les vacances, les aller-retours dehors, la porte-fenêtre du jardin qui claque toutes les cinq minutes… Cela me faisait sortir de mes gonds systématiquement. Peut-être faudrait-il qu’à ce moment là de la journée je file m’enfermer dans ma chambre… Bruno a…
Jour 34. Ralentivité
Jeu de l’atelier d’écriture organisé par ma copine Clara de l’espace de coworking Coworkgreen. Jeu du mot valise. Il fallait inventer un mot valise : la fusion de deux mots, deux concepts, pour n’en former qu’un. Le confinement m’a inspiré celui-là. Ralentivité : n.f. Créativité qui s’exprime quand nous ralentissons et avons du temps devant nous. Créativité issue de l’ennui, et du temps long.Peut aussi signifier la relativité du temps quand nous nous ennuyons, et que nous ralentissons. Ce mariage entre ralentissement et créativité (ou relativité) a eu lieu pendant le confinement de la moitié de la planète en mars et avril 2020. C’est le seul mariage qui ait pu se dérouler et se célébrer en grande pompe, puisque la plupart des cérémonies de mariage ont été reportées, voire annulées. Ce confinement nous a tous fait ralentir. Ce confinement nous a reconnecté avec notre créativité. On a transformé ces minutes,…
Semaine 4. Un air de vacances
Cette semaine de confinement aurait du être une semaine de vacances chez les grands-parents pour les enfants et de relâchement pour nous. Dimanche 5 avril au matin, nous aurions du mettre les enfants dans le train et profiter d’une semaine de travail mais plus tranquille, sans enfants. Nous en aurions sans doute profité pour aller au cinéma, pour dîner à pas d’heure, et savourer une maison rangée durant plus de 24h de suite ! Cette semaine aurait du se conclure par un week-end en famille, chez mes beaux-parents puis par une ou deux nuits dans une cabane dans les arbres. Avec tous les événements, j’ai très vite compris que nous ne pourrions pas partir en week-end en famille. J’aurais pu le regretter, en être affectée, être en colère, et ruminer ce à quoi nous renoncions. Mais cette semaine, je ne me suis que rarement rappelé ce que nous aurions du…
15 juin 2031
[Ce texte est une fiction que j’ai eu besoin d’écrire, une fois que j’ai eu terminé plusieurs livres sur l’effondrement probable de notre société industrielle et regardé la série documentaire Next sur You Tube. Écrire ce à quoi la vie pourrait ressembler m’a aidé à imaginer qu’un futur heureux, même si difficile, était possible. Ce texte, un peu brut de pomme et sans doute très imparfait, est dans mes tablettes depuis plusieurs mois. Plus je le relisais, moins j’avais envie de le publier parce que je crois que je ne voulais pas y songer à ce futur. Ces derniers jours, avec le confinement et l’épidémie de Coronavirus évidemment, il m’est revenu à la mémoire … J’ai changé à peine quelques mots et quelques dates (circonstances et date de début d’effondrement de notre société) avant de me décider à le publier.] Il est 5h50. Les oiseaux chantent et les premiers rayons…
Semaine 4. Se projeter.
Dans les medias, cela fait quelques jours qu’on parle du deconfinement. Cela brouille un peu les messages de prévention qui sont toujours d’actualité et cela nous projette dans un avenir que l’on pourrait imaginer proche alors que je suis persuadée qu’on est loin d’être sortis de la galère. Je trouve donc qu’il est difficile de se projeter, à la fin du confinement, d’imaginer l’après. Je fais parti de ceux qui croient que rien ne sera comme avant. Mais le besoin de l’homme de se projeter dans le futur nous fait tous imaginer, la première chose qu’on fera lorsqu’on sera autorisés à ressortir. Projeter du positif pour ne pas broyer trop de noir. Le jour où tout cela à démarré, c’était mon anniversaire. Bruno avait acheté notre crémant rosé préféré. Et un vin blanc moelleux comme je les aime. Un peu abasourdis par la nouvelle de la fermeture des écoles et…
Semaine 3. Ce que le confinement a changé dans nos habitudes !
Cette semaine je n’ai pas ressenti le besoin d’écrire tous les jours. L’acceptation de la période historique que nous sommes en train de vivre fait son chemin. Je crois que ça y est, on s’habitue à ce confinement. Chacun a trouvé son rythme, cela est devenu “normal” que l’on soit tous les quatre à la maison quasi 7 jours sur 7. Rapidement après le début du confinement, je me suis intéressée à ce graphique sur les différentes phases que l’on peut ressentir chacun face à ce changement radical dans nos vies. L’illustration est de Catherine Testa (l’Optimiste, ou le compte Instagram Et si on Souriait) elle l’a réalisée après avoir lu un papier qui expliquais la théorie des 5 phases d’un confinement d’après Sina Farzanet. On peut lire la description de ces phases dans cet article. Je crois donc que les premières semaines j’ai plutôt navigué entre la phase 1…
2ème week-end confinés. On craque !
La journée de vendredi a été compliquée. Pour tout le monde. Seule Camille s’en est à peu près bien sortie. Gaspard a beaucoup râlé, pleuré, résisté à l’école à la maison. Mais je ne veux pas lâcher là-dessus, il n’est pas assommé de travail et quand il se concentre, on en a pour 2h à peine de travail (3 à 4 séances de 20/25 mn.) Cette semaine on a clairement laissé tomber les tickets, car cela nous mobilisait beaucoup d’énergie tout au long de la journée, lancer le chrono, vérifier, rappeler à l’ordre qu’il fallait aller dans le jardin etc… On a préféré instaurer des routines. Le matin c’est travail scolaire, avec une pause toutes les 25 minutes environ. Comme ça à midi, tout le travail de Gaspard est plié et je peux me consacrer davantage à Camille et à mes tâches/envie à moi. Et les enfants sont libres de…