Samedi 14 mars. Le choc
Ce samedi ressemble à beaucoup d’autre… Bruno file aider des voisins et amis à déménager. Je fais les menus pour la semaine, prépare ma liste de course et file au supermarché pour une partie de ma liste de course. Le parking est plein, mais je ne note pas encore de vraie panique chez les gens. Les caddies sont légèrement plus remplis que d’habitude, puisque les familles vont souvent se retrouver plus nombreux à manger à la maison le midi mais ils ne débordent pas non plus. En tout cas cela ne me frappe pas particulièrement. Certains rayons sont quand même vides, et quatre éléments de ma liste sont introuvables : paquet de spaghettis, sauce tomate, pâtes fraiches, et conserve de petits pois carottes. Pas grave, j’adapte les menus, imagine comment contourner la contrainte, je file prendre des tomates – en plein mois de mars, cela me chagrine un peu, mais…
Vendredi 13 mars. Résistance
Ce vendredi , on se réveille un peu comme si c’était le dernier jour d’école avant les grandes vacances. En mars. Avec un mélange d’excitation et de nostalgie. Je donne comme consigne aux enfants de bien noter tout ce que les profs et les maîtresses donneront comme consigne pour l’école à la maison. Je leur dit de bien profiter des copains et tout le monde file à ses occupations pour cette dernière journée “normale” avant un bon bout de temps, même si nous avons tous du mal à en prendre conscience. Au boulot, on a tous du mal à bosser. Entre les soucis avec notre apprentie et l’ambiance Corona… dur dur de se concentrer, de déterminer ce qui est prioritaire de ce qui ne l’est pas. On tombe d’accord sur une organisation minimum, je demande à mes patrons de me laisser venir à l’atelier au moins 2 jours par semaine……
12 mars 2020. Un drôle d’anniversaire
Je me souviendrais longtemps de ce jeudi 12 mars 2020. Ce jour-la, alors que je m’apprête à fêter mon anniversaire, cela fait quelques semaines que le Coronavirus fait quotidiennement les unes des journaux. Deux semaines que chaque jour nous avons le droit au décompte officiel des contaminés, des cas graves et des décès. A la maison, nous en parlons tranquillement, sans affolement, mais avec sérieux et attention, on explique aux enfants les faits, on les aide à démêler le vrai du faux dans ce qu’ils entendent dans la bouche des copains… Cela fait déjà 15 jours qu’une bouteille de gel hydroalcoolique trône dans l’entrée de la maison et que nous prenons l’habitude de nous frotter les mains avant de partir et en rentrant. Le reste du temps, nous insistons davantage sur la fréquence de lavage des mains et nous reprenons les enfants quand ils toussent dans leurs mains. Mais ni…